Où passez-vous désormais le plus de temps ?
En général, six mois en France et six à Los Angeles. Mais le tournage à rallonge de "Pirates" a chamboulé tout ça. Et en octobre, nous avons dû être évacués des Bahamas à l'approche du cyclone Wilma, ce qui a encore plus perturbé la production.
Vos deux enfants, Lily Rose et Jack, doivent vous manquer quand vous tournez longtemps en extérieur...
Autant que possible, ils sont avec moi sur les tournages. Une fois, nous avons été séparés quatre ou cinq semaines. Je ne tenais plus, et c'est désormais hors de question. Et quand Vanessa tourne, je l'accompagne avec eux.
Ont-ils le droit de voir vos films ?
Pas "Rochester", quand même ! Mais je leur avais organisé une projection des "Noces funèbres", sans imaginer quelles seraient leurs réactions. Je me doutais que ça pourrait plaire à Lily Rose, qui a six ans et qui avait adoré "l'Étrange Noël de monsieur Jack". Quant à Jack, qui a trois ans, je me demandais s'il aurait la patience de tenir jusqu'au bout. Il était assis sur mes genoux et n'a pas bougé une seule fois, scotché à l'écran ! Et dès qu'elle a vu Victor, ma fille m'a dit : "C'est toi, n'est-ce pas ?" Jack m'avait reconnu dans "Charlie et la chocolaterie" et m'avait trouvé, je cite, bizarre !
On vous sait amateur de bons vins. Quels sont vos crus préférés ?
Ça c'est une question facile ! Mon favori est un bordeaux, plus exactement un château-ségur saint-estèphe. Un vin merveilleux qu'on peut boire tous les jours et, en plus, d'un prix très abordable. Sinon, dans une catégorie supérieure, j'aime le pétrus, le château-cheval-blanc. Et dans les bourgognes, le romanée-conti. Avec ceux-là, on atteint le nirvana.
Parlez-nous de votre style vestimentaire, qui est plutôt unique...
Vous trouvez ? (En riant.) J'aime les vêtements anciens et j'ai une passion intense pour les chapeaux. Quand je regarde des photos datant des années vingt à cinquante, je suis fasciné de voir ces hommes en costume et pardessus, avec leur chemise empesée, cravate et couvre-chef sur la tête... Ça déclenche quelque chose en moi que je ne m'explique pas.
Y a-t-il des peurs qu'il vous faudrait encore exorciser ?
La peur fait partie intégrante de tout ce qu'on fait. J'estime que tout acteur se doit d'avoir peur d'échouer misérablement, de se ramasser de temps en temps. Il faut prendre ce risque. Pour ne pas rouler le public et pour qu'il n'ait pas l'impression que vous vous contentez de lui refiler la même chose à chaque fois. Marlon m'avait dit un jour que je devrais essayer de jouer Hamlet. Il regrettait pour sa part de n'avoir jamais essayé. Mais je ne me vois pas affronter une salle immense dans une production épique.